Un savoir-faire chassé par la tôle
Ce matin j'ai discuté un peu avec Audrey, une serveuse de mon hôtel. Nous avons parlé de mon expédition à Cabrousse. Pour la seconde fois durant ce voyage, je me pose des questions sur les toits des cases traditionnelles... je m'explique.
Traditionnellement, la case est construite à partir de terre et les toits sont en paille. A l'intérieur, il règne une température fraîche. Mais dans chaque village que j'ai pu visiter, les maisons neuves sont en parpaings, et surtout, si la fondation est encore en terre, la tôle a remplacé la paille. Comme chacun sait, la tôle chauffe au soleil. Résultat, il fait chaud, très chaud. Pourquoi recourir à la tôle, alors que cela coûte très chère et ne procure pas le même confort? La réponse est malgré tout économique.
"Avant, la paille était gratuite. On allait dans un champ, le propriétaire nous laissait couper ce dont on avait besoin. Maintenant, il la vend, m'explique Audrey. Un toit en paille ne dure qu'une année. Alors, sur la durée, la tôle devient plus rentable." Outre la perte de confort, le savoir faire se meurt : "Il n'y a plus que les vieux qui savent faire une toit en paille. Les jeunes ont oublié."